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Mondial-2014 messieurs - La France en demi-finales après un exploit historique


MADRID, 10 septembre 2014 (AFP) - L'équipe de France messieurs de basket a réussi l'un des exploits les plus retentissants de l'histoire du sport hexagonal en éliminant la toute puissante Espagne (65-52) en quarts de finale de "sa" Coupe du monde, mercredi à Madrid.

Le quotidien sportif Marca, qui avait appelé en Une la Roja "A écraser" la France, le grand ennemi de la dernière décennie, n'a pas été entendu. C'est au contraire la France, grâce à une défense ébouriffante, qui a réduit au silence un Palacio de los Deportes surchauffé.

Ce succès figurera dans les annales du sport français en bonne place, aux côtés de la victoire des tennismen en Australie en finale de la Coupe Davis 2001 ou du succès des rugbymen en quart de finale de la Coupe du monde 2007 face aux invincibles All Blacks.

Les Bleus vont tout faire maintenant pour ne pas s'arrêter là. Un an après avoir décroché le premier titre de leur histoire, à l'Euro en Slovénie, ils peuvent réellement espérer obtenir une première médaille mondiale.

Ils devront réaliser le même genre de performance défensive vendredi (22h00) contre la Serbie, qui a fait forte impression face au Brésil (84-56) mais qu'ils avaient battue en phase de poules (74-73). L'apothéose serait une finale face aux Etats-Unis dimanche.

Pour l'Espagne, cette élimination précoce est une catastrophe, similaire à celle connue par la sélection de football, éliminée au premier tour du dernier Mondial alors qu'elle était tenante du titre.

C'est la deuxième fois que cette équipe qui a tant gagné (championne du monde 2006, championne d'Europe 2009 et 2011), déçoit dans une compétition qu'elle organise. En 2007, elle s'était laissé surprendre par la Russie en finale de l'Euro.

La France a confirmé la victoire (75-72 a.p.) obtenue l'an passé sur ces mêmes Espagnols en demi-finales de l'Euro. Mais le succès madrilène est encore plus extraordinaire, car elle était donnée comme battue d'avance par tous les pronostiqueurs.

- Les esprits s'échauffent -

Par rapport au match de 2013, l'Espagne bénéficiait du retour de ses deux joueurs emblématiques, Pau Gasol - lequel n'avait encore jamais perdu contre la France - et Juan Carlos Navarro, ainsi que de Serge Ibaka.

La France alignait de son côté un groupe très rajeuni, étant privée de son meneur vedette Tony Parker, mais aussi de Nando de Colo, Alexis Ajinça ou encore Joakim Noah.

Pour situer la performance française, il faut remarquer que l'Espagne avait gagné 54 de ses 56 derniers matches à domicile. Seuls les Etats-Unis l'avaient dominée depuis sept ans, par deux fois en amical.

Bien lancés par deux tirs primés de Boris Diaw en quatre minutes, les Bleus ont pris un départ tonitruant (11-2, 4e). Les Espagnols, de toute évidence crispés par l'enjeu, se sont repris avec un 10-0 impulsé par Juan Carlos Navarro.

Mais les Français ne sont pas sortis de leur plan de jeu. Extraordinairement solidaires en défense, ils n'ont pas laissé l'Espagne prendre plus de deux points d'avance. Un dunk monstrueux de Rudy Gobert sur Pau Gasol a montré toute la détermination des jeunes Tricolores, pas impressionnés (21-17e).

L'Espagne a continué à déjouer avec des extérieurs très maladroits (1 sur 11 aux tirs primés à la pause) et des intérieurs étrangement muets. Après 20 minutes, Pau et Marc Gasol, avec Serge Ibaka, ne cumulaient que 10 points et 6 rebonds.

Diaw et Boris ont continué à alimenter le score et la France, profitant aussi d'une grosse domination au rebond (25 à 13, dont 9 rebonds offensifs), a atteint la mi-temps avec une petite avance (35-28).

Mais poussés par un public déchaîné, les Espagnols sont revenus sur le parquet le mors aux dents. En à peine trois minutes, la France a concédé trois pertes de balle et la tension est montée (35-34, 23e).

Les esprits se sont échauffés après un accrochage entre Florent Piétrus et Sergio Llull. Les Bleus ont commencé à marquer le pas en attaque, mais leur défense les a maintenus à flots, l'Espagne continuant à être maladroite (42-40, 28e).

L'agressivité d'Evan Fournier et un tir primé de Diaw ont continué à instiller le doute dans les esprits espagnols (51-45, 33e). L'Espagne s'en est remise à Pau Gasol, mais l'intérieur de Chicago (NBA) a forcé un peu le jeu devant l'admirable Gobert.

Excellent à la baguette, Thomas Heurtel a alors fait étalage de toute sa classe avec un trois points magistral (60-52, 39e), qui a définitivement fait chanceler des Espagnols complètement abasourdis.

Rédigé par () le Mercredi 10 Septembre 2014 à 12:04 | Lu 641 fois