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Lycée de Grasse : l'enquête avance, deux jumeaux proches du tireur arrêtés


Grasse, France | AFP | vendredi 17/03/2017 - L'enquête avançait au lendemain de la fusillade dans un lycée de Grasse, avec l'arrestation vendredi d'un deuxième proche du tireur, un adolescent qui rejoint en garde à vue son frère jumeau et l'auteur des coups de feu.

Cet adolescent, un ami du tireur qui était activement recherché depuis jeudi, a été arrêté, sans heurt, peu avant midi à 25 kilomètres de Grasse, dans une rue de Caillan (Var), a précisé une source proche du dossier. Un gendarme volontaire l'avait reconnu dans la rue et avait donné l'alerte.
Son frère jumeau avait été placé en garde à vue quelques heures plus tôt, dans le cadre de l'enquête ouverte pour "tentatives d'assassinats" par le parquet de Grasse.
Le tireur, un lycéen de 16 ans qui s'était rendu jeudi aux forces de l'ordre sans opposer de résistance, était quant à lui toujours entendu à Nice vendredi. Sa garde à vue pourrait durer jusqu'à 96 heures, a précisé une autre source proche du dossier.
Les investigations ont permis d'avancer sur l'un des points clé de l'affaire: comment cet adolescent, fils d'un élu municipal de droite apparemment fasciné par la violence, a-t-il pu se procurer ses armes? "Le revolver était chez le grand-père" et le fusil chez ses parents, a expliqué une autre source à l'AFP, soulignant que l'audition des "nombreux témoins" de cette fusillade, qui a éclaté vers 12H30 au lycée, se poursuivait également vendredi.
Jeudi, la procureure de Grasse Fabienne Atzori, excluant tout lien "avec une entreprise terroriste", avait expliqué que les motivations de l'auteur de la fusillade semblaient "liées aux mauvaises relations qu'il entretiendrait avec d'autres élèves" de l'établissement.
 

- 'Contre-coup psychologique' -

 
Selon des témoins cités vendredi par la ministre de l'Education nationale Najat Vallaud-Belkacem, il "cherchait un ou des élèves en particulier". "Je cite ce que me disait un de ses enseignants, +c'était un élève qui ne payait pas de mine, dont on n'aurait jamais imaginé un seul instant qu'il puisse être, comme on l'a découvert par la suite, fasciné par les armes de guerre", a-t-elle poursuivi. "L'anticipation n'a pas permis de révéler un gamin qui est décrit avec une gueule d'ange et avec lequel tout va bien", a aussi déploré vendredi le recteur de l'académie de Nice Emmanuel Ethis.
Des armes de poing et des grenades à plâtre ont été découvertes sur le jeune tireur, et un engin explosif artisanal, dont la dangerosité n'a pas été précisée, a été retrouvé dans son sac à dos. L'adolescent était inconnu des services de police. Sur des comptes Facebook, Twitter et Youtube correspondant à son nom, figurent de nombreuses photos et vidéos morbides, dont des images de la tuerie de Columbine, qui avait fait 15 morts, dont ses deux auteurs, dans un lycée américain en 1999.
Jeudi à Grasse, les tirs n'ont pas fait de mort, mais uniquement des blessés légers, probablement notamment grâce au comportement "héroïque" du proviseur, selon les mots de Mme Vallaud-Belkacem. Il s'est interposé face au tireur et a été blessé par les tirs, tous comme trois autres lycéens. Le président (LR) du département, Eric Ciotti a demandé à ce que la légion d'honneur lui soit décernée, une proposition à laquelle s'est associé le maire de Grasse (LR) Jérôme Viaud.
Le proviseur et les trois élèves blessés par les tirs ont passé la nuit à l'hôpital. L'opération du proviseur "s'est bien passée", mais il souffre encore du "contre-coup psychologique", a déclaré à l'AFP le directeur de l'hôpital de Grasse Frédéric Limouzy. Une dizaine d'autres lycéens ont été légèrement blessés, mais pas directement par les tirs.
Aux abords du lycée vendredi, l'émotion était toujours vive, et beaucoup se repassaient le film des évènements. "On était en commentaire de français", relate Nans, 15 ans. Le tireur "a levé son arme, un pistolet, après il est parti, on croyait que c'était une blague ou un exercice, pas qu'il y avait un danger. On a continué le commentaire de français et quelques minutes après, on a entendu deux coups de feu", raconte ce lycéen.
Alors que Grasse tentait vendredi de se remettre de son "traumatisme", selon l'expression de son maire, le préfet des Alpes-Maritimes Georges-François Leclerc a annoncé un renforcement des patrouilles de police et de gendarmerie devant les établissements scolaires du département.

le Vendredi 17 Mars 2017 à 04:44 | Lu 254 fois