Tahiti, le 30 mars 2025 – A Here ia Porinetia (Ahip) a soufflé sa troisième bougie ce samedi devant près de 200 personnes lors de son congrès annuel. Déjà représenté à l’Assemblée nationale et à Tarahoi, le parti de Nicole Sanquer veut maintenant peser dans les communes où il est quasiment absent. À un an des prochaines élections municipales, Ahip s’est fixé comme objectif d’obtenir 30 % des sièges dans les conseils municipaux. Seul ou avec une liste d’union, pour Ahip, ce sera au cas par cas selon les communes avec, dans le viseur, les sénatoriales de 2026 et les territoriales de 2028.
C’est à Mama’o que A here ia Porinetia (Ahip) a tenu son congrès annuel ce samedi devant près de 200 personnes parmi lesquelles on a notamment pu croiser d’anciens Tahoera’a/Tapura comme Vaitea Le Gayic ou Sylvana Puhetini qui pourrait d’ailleurs venir grossir les rangs de Ahip à Tarahoi si Pascale Haiti était déclarée inéligible au cours de cette mandature. Un congrès particulier pour deux raisons. D’abord parce que c’était l’occasion de célébrer les trois ans d’existence du parti officiellement créé le 26 mars 2022, mais né deux ans avant des désaccords avec le Tapura pendant la crise Covid en 2020. Comme il a été rappelé, c’est d’abord par un petit groupe à l’assemblée que Nicole Sanquer, Nuihau Laurey et Félix Tokoragi, qui n’étaient notamment pas du tout en phase avec la gestion de la crise sanitaire et l’obligation vaccinale non respectée par ceux-là même qui l’avaient imposée, se sont désolidarisés du parti d’Édouard Fritch. Un coup d’œil dans le rétroviseur pour rappeler aux adhérents et sympathisants “le chemin parcouru” depuis.
Premier test, les élections législatives de 2022 (un mois après la création du parti) avec la razzia bleue portant trois députés Tavini à l’Assemblée nationale, mais où les candidats de Ahip ont aussi pu profiter du vent de changement traduit dans les urnes par les Polynésiens déçus du Tapura. Viennent ensuite les territoriales où, là encore, le Tavini l’emporte mais où l’écart se creuse entre les autonomistes du Tapura et de Ahip qui arrive à entrer à l’assemblée de la Polynésie avec trois élus. Avant même de souffler sa troisième bougie, le tout jeune parti vert devient “la troisième force politique du Pays” représentée à Tarahoi. Et enfin, profitant cette fois du désamour des électeurs pour le Tavini aux manettes depuis deux ans, les autonomistes reviennent à la faveur des élections législatives anticipées provoquées par la dissolution de l’Assemblée nationale. Se rassemblant autour de la plateforme Amui tatou, Nicole Sanquer est élue au Palais Bourbon.
L’union ne fait pas toujours la force
Ce qui nous amène à la seconde raison qui est la plus importante. Aujourd’hui représenté à Tarahoi et à l’Assemblée nationale, il manque toujours une chose à Ahip : une assise communale. C’est pourquoi à un an des prochaines élections municipales, le parti se met en ordre de marche en ayant déjà entamé des discussions avec différents tāvana, et en poursuivant sa structuration des fédérations. “En 2024, nous nous étions fixés comme objectif de structurer Tahiti et Moorea, et l’objectif est atteint à 80 %”, explique ainsi la présidente de Ahip qui veut maintenant peser dans les communes en essayent d’obtenir “30 % des conseils municipaux”, et “pas forcément d’avoir des tāvana”.
“C’est un grand test pour A here ia Porinetia”, souligne Nicole Sanquer, relayée par Nuihau Laurey pour qui “cette élection communale va donner notre capacité à gagner dans trois ans les territoriales”. Comment ? Ce sera au cas par cas sur la base “d’un projet” communal plutôt que sur une étiquette politique. “Il n’y a pas de stratégie globale et unique pour toutes les communes. On le voit bien d’ailleurs dans toutes nos fédérations, certaines souhaitent s’allier parce qu’il y a des connections, des programmes qui commencent à s’élaborer ensemble, et dans d’autres cas, il n’y a aucune discussion donc les équipes se mettent en place pour courir seules”, explique Nuihau Laurey.
“Concernant les sujets locaux, c’est vrai que nous avons des divergences par rapport à nos partenaires autonomistes et on ne sait pas qui va créer un nouveau parti demain”, appuie Nicole Sanquer qui ajoute : “Vous voyez que depuis la plateforme Amui Tatou, il y a eu le Amuitahira’a avec Bruno Sandras, Taho’e Tatou avec Gaston Flosse, et Tearii Alpha qui vient de créer aussi son parti. Du côté du Tavini, on sent bien qu’il y a des tensions donc nous regardons tout cela en restant sur notre ligne et nous agissons à l’assemblée en portant des amendements pour que certaines mesures de notre programme de 2023 puissent passer”.
Garder son ADN pour les territoriales
Pour les territoriales, c’est une autre histoire. Ahip ménage encore ses partenaires autonomistes de Amui tatou en soulignant qu’il reste encore trois ans avant cette échéance, mais semble bien parti pour se lancer seul dans la course. Car malgré des positions communes avec le Tapura sur la plupart des dossiers étudiés à l’assemblée, le jeune parti tient à garder son ADN. “On est autonomistes mais on voit bien qu’on a des projets qui ne sont pas les mêmes”, expliquent-ils, ne serait-ce qu’autour du projet de réforme de mode de scrutin pourtant inscrit dans le programme Amui tatou des législatives mais sur lequel le Tapura n’est pas vraiment pressé, préférant repousser cette question après 2028. “On voit bien que c’est un sujet sur lequel il y a un clivage entre les anciens partis traditionnels Tavini et Tapura qui voient dans cet outil un moyen de se partager le pouvoir”, souligne Nuihau Laurey qui n’a pas manqué non plus d’égratigner au passage le gouvernement qui ne remplit pas ses promesses de campagne pour lutter contre la cherté de la vie. Chiffres à l’appui, les leaders de Ahip ont regretté que le Tavini préfère embaucher des prestataires à “60 millions” pour tel ou tel séminaire que d’acter la revalorisation de 17 points pour les fonctionnaires de catégorie D qui aurait coûté la même somme mais pour “aider 1 600 familles”.
À noter enfin que ces élections communales sont aussi très importantes pour Ahip dans l’optique des élections sénatoriales (qui se déroulent en deux temps) prévues elles aussi l’année prochaine, puisque ce sont les grands électeurs issus donc des conseils municipaux qui élisent leurs sénateurs.
La semaine prochaine, ce sera au tour du Tavini de tenir son congrès à l’aube de ces différentes échéances électorales. Et le parti majoritaire doit lui aussi se mobiliser pour s’implanter sur le terrain communal.
C’est à Mama’o que A here ia Porinetia (Ahip) a tenu son congrès annuel ce samedi devant près de 200 personnes parmi lesquelles on a notamment pu croiser d’anciens Tahoera’a/Tapura comme Vaitea Le Gayic ou Sylvana Puhetini qui pourrait d’ailleurs venir grossir les rangs de Ahip à Tarahoi si Pascale Haiti était déclarée inéligible au cours de cette mandature. Un congrès particulier pour deux raisons. D’abord parce que c’était l’occasion de célébrer les trois ans d’existence du parti officiellement créé le 26 mars 2022, mais né deux ans avant des désaccords avec le Tapura pendant la crise Covid en 2020. Comme il a été rappelé, c’est d’abord par un petit groupe à l’assemblée que Nicole Sanquer, Nuihau Laurey et Félix Tokoragi, qui n’étaient notamment pas du tout en phase avec la gestion de la crise sanitaire et l’obligation vaccinale non respectée par ceux-là même qui l’avaient imposée, se sont désolidarisés du parti d’Édouard Fritch. Un coup d’œil dans le rétroviseur pour rappeler aux adhérents et sympathisants “le chemin parcouru” depuis.
Premier test, les élections législatives de 2022 (un mois après la création du parti) avec la razzia bleue portant trois députés Tavini à l’Assemblée nationale, mais où les candidats de Ahip ont aussi pu profiter du vent de changement traduit dans les urnes par les Polynésiens déçus du Tapura. Viennent ensuite les territoriales où, là encore, le Tavini l’emporte mais où l’écart se creuse entre les autonomistes du Tapura et de Ahip qui arrive à entrer à l’assemblée de la Polynésie avec trois élus. Avant même de souffler sa troisième bougie, le tout jeune parti vert devient “la troisième force politique du Pays” représentée à Tarahoi. Et enfin, profitant cette fois du désamour des électeurs pour le Tavini aux manettes depuis deux ans, les autonomistes reviennent à la faveur des élections législatives anticipées provoquées par la dissolution de l’Assemblée nationale. Se rassemblant autour de la plateforme Amui tatou, Nicole Sanquer est élue au Palais Bourbon.
L’union ne fait pas toujours la force
Ce qui nous amène à la seconde raison qui est la plus importante. Aujourd’hui représenté à Tarahoi et à l’Assemblée nationale, il manque toujours une chose à Ahip : une assise communale. C’est pourquoi à un an des prochaines élections municipales, le parti se met en ordre de marche en ayant déjà entamé des discussions avec différents tāvana, et en poursuivant sa structuration des fédérations. “En 2024, nous nous étions fixés comme objectif de structurer Tahiti et Moorea, et l’objectif est atteint à 80 %”, explique ainsi la présidente de Ahip qui veut maintenant peser dans les communes en essayent d’obtenir “30 % des conseils municipaux”, et “pas forcément d’avoir des tāvana”.
“C’est un grand test pour A here ia Porinetia”, souligne Nicole Sanquer, relayée par Nuihau Laurey pour qui “cette élection communale va donner notre capacité à gagner dans trois ans les territoriales”. Comment ? Ce sera au cas par cas sur la base “d’un projet” communal plutôt que sur une étiquette politique. “Il n’y a pas de stratégie globale et unique pour toutes les communes. On le voit bien d’ailleurs dans toutes nos fédérations, certaines souhaitent s’allier parce qu’il y a des connections, des programmes qui commencent à s’élaborer ensemble, et dans d’autres cas, il n’y a aucune discussion donc les équipes se mettent en place pour courir seules”, explique Nuihau Laurey.
“Concernant les sujets locaux, c’est vrai que nous avons des divergences par rapport à nos partenaires autonomistes et on ne sait pas qui va créer un nouveau parti demain”, appuie Nicole Sanquer qui ajoute : “Vous voyez que depuis la plateforme Amui Tatou, il y a eu le Amuitahira’a avec Bruno Sandras, Taho’e Tatou avec Gaston Flosse, et Tearii Alpha qui vient de créer aussi son parti. Du côté du Tavini, on sent bien qu’il y a des tensions donc nous regardons tout cela en restant sur notre ligne et nous agissons à l’assemblée en portant des amendements pour que certaines mesures de notre programme de 2023 puissent passer”.
Garder son ADN pour les territoriales
Pour les territoriales, c’est une autre histoire. Ahip ménage encore ses partenaires autonomistes de Amui tatou en soulignant qu’il reste encore trois ans avant cette échéance, mais semble bien parti pour se lancer seul dans la course. Car malgré des positions communes avec le Tapura sur la plupart des dossiers étudiés à l’assemblée, le jeune parti tient à garder son ADN. “On est autonomistes mais on voit bien qu’on a des projets qui ne sont pas les mêmes”, expliquent-ils, ne serait-ce qu’autour du projet de réforme de mode de scrutin pourtant inscrit dans le programme Amui tatou des législatives mais sur lequel le Tapura n’est pas vraiment pressé, préférant repousser cette question après 2028. “On voit bien que c’est un sujet sur lequel il y a un clivage entre les anciens partis traditionnels Tavini et Tapura qui voient dans cet outil un moyen de se partager le pouvoir”, souligne Nuihau Laurey qui n’a pas manqué non plus d’égratigner au passage le gouvernement qui ne remplit pas ses promesses de campagne pour lutter contre la cherté de la vie. Chiffres à l’appui, les leaders de Ahip ont regretté que le Tavini préfère embaucher des prestataires à “60 millions” pour tel ou tel séminaire que d’acter la revalorisation de 17 points pour les fonctionnaires de catégorie D qui aurait coûté la même somme mais pour “aider 1 600 familles”.
À noter enfin que ces élections communales sont aussi très importantes pour Ahip dans l’optique des élections sénatoriales (qui se déroulent en deux temps) prévues elles aussi l’année prochaine, puisque ce sont les grands électeurs issus donc des conseils municipaux qui élisent leurs sénateurs.
La semaine prochaine, ce sera au tour du Tavini de tenir son congrès à l’aube de ces différentes échéances électorales. Et le parti majoritaire doit lui aussi se mobiliser pour s’implanter sur le terrain communal.