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Journée de cohésion pour les enseignants du premier degré


Crédit photo : Stéphanie Delorme.
Crédit photo : Stéphanie Delorme.
Tahiti, le 14 août 2023 - Une centaine de personnels du corps enseignant du premier degré de la circonscription de Faa'a étaient réunis sous le chapiteau de la présidence pour leur assemblée générale. Dans la foulée, se tenaient les assemblées générales des circonscriptions de Papeete et de Mahina, pour la première fois, en présence du ministre de l’Éducation qui imprime ainsi une nouvelle méthode, basée sur l'échange. 
 
C'est une première. Les assemblées générales se font généralement dans les établissements scolaires, entre enseignants et personnels de l'Éducation. Ce lundi matin, c'est par circonscription que les acteurs de notre système éducatif se sont réunis. À la présidence, c'est celle de Faa'a qui était accueillie au son de Fa'ari'i Maina de Sissa Sue, un chant d'accueil interprété par plusieurs enseignants. Au pupitre, avant d'entamer les ateliers de cohésion mis en place, se sont succédé le président du Pays Moetai Brotherson, le ministre Ronny Teriipaia, le vice-recteur Thierry Terret, le directeur général de l’éducation et des enseignements (DGEE) Éric Tournier et, au titre de la commune de Faa'a, l'adjointe au maire Oscar Temaru, en charge des affaires scolaires, Victoire Laurent, et l'inspectrice générale de l'Éducation nationale de cette circonscription, Fatima Keskas. 
 
L'enseignement, un “sacerdoce”
 
Pour le président Brotherson, le métier d'enseignant est presque un “sacerdoce” car “on entre dans l'enseignement comme on entre dans les ordres”. Il sait l'implication que cela demande, surtout sur Faa'a qui est une circonscription “particulière” puisqu'elle est classée REP+ (réseau d'éducation prioritaire et qu'il y a “une réalité sociale derrière” qu'il faut prendre en compte. “85% des parents ne travaillent pas, donc c'est vrai que c'est un public particulier que nous avons”, nous a confié un enseignant, ravi de cette initiative qui permet “d'échanger” avec les autres enseignants des autres écoles, piocher des idées et ne pas être dans l'entre-soi. 
 
Le président, qui a raconté avoir effectué toute sa scolarité à Huahine, a insisté sur le fait que ce n'est pas le lieu où l'on étudie qui importe. “Ce qui est important, c'est la conviction avec laquelle on va enseigner”, a-t-il souligné. Fatima Keskas et Victoire Laurent ont toutes deux émis le souhait de “sortir” Faa'a de ce réseau d'éducation prioritaire, l'inspectrice de l'Éducation nationale ayant bon espoir d’y arriver, au regard des derniers résultats d'examen qui sont en progression dans cette circonscription qui rassemble près d'une dizaine d'écoles pour environ 2 500 élèves. 
 
“Il faut dépasser le syndrome de l'imposteur”
 
Le ministre a pour sa part réitéré sa volonté de proposer aux jeunes Polynésiens un système éducatif qui leur “ressemble” et les “rassemble”. Et cela passe par l'accueil avec des chants traditionnels et une plus grande place des langues polynésiennes qui “apaisent” les élèves. Rappelant que l'apprentissage devait se faire à l'école, il a mis en garde contre les devoirs à la maison qui, souvent, sont “sources de conflits familiaux”. Enfin, il a encouragé les professeurs des écoles présents à pousser leurs élèves à l'excellence : “Il faut dépasser le syndrome de l'imposteur qu'il y a chez beaucoup de jeunes et nous nous devons de leur répéter qu'ils y arriveront”.  

Rédigé par Stéphanie Delorme le Lundi 14 Août 2023 à 23:53 | Lu 677 fois