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Gros renforts de sécurité et Trump en vedette pour le carnaval de Nice


Des renforts "importants" et des moyens de sécurité "inédits" seront déployés dans tout Nice et alentours à partir de samedi pour le 133e carnaval, fête populaire et grand rendez-vous touristique que la ville a tenu à maintenir malgré le traumatisme de l'attentat du 14 juillet.
Le carnaval évitera la Promenade des Anglais où aucun événement n'est autorisé jusqu'au premier anniversaire de l'attentat par respect envers les victimes. Comme l'an dernier, les déguisements prêtant à confusion, sabres de pirate et autres fusils ou pistolets de cow-boy seront proscrits.
"Jamais le niveau de sécurité n'a été aussi élevé sur un événement de cette nature à Nice", a assuré le préfet des Alpes-Maritimes, Georges-François Leclerc, à quelques jours de ce temps fort du folklore niçois avec ses batailles de fleurs et son corso illuminé dont Donald Trump devrait tenir la vedette.
Sur l'un des 17 chars qui paraderont derrière le "Roi de l'énergie", thème choisi cette année, le président américain est caricaturé sous les traits d'un affreux gaspilleur, sa tête géante posée sur des barils de pétrole percés, et encadrée par une batterie de sèches-cheveux électriques soufflant à tout-va dans sa célèbre mèche blonde. 
"Le char a été décidé quand l'élection de Trump n'était encore qu'une blague", précise-t-on à l'office du tourisme. Personne n'avait parié non plus sur Benoît Hamon comme candidat socialiste à la présidentielle et il a fallu lui sculpter en catastrophe une grosse tête.
Premier grand rassemblement depuis la tragédie du 14 juillet qui a fait 86 morts, le carnaval de Nice dont les images font le tour du monde chaque année, se déroulera pour la première fois derrière des palissades. 
L'entrée sera payante non seulement pour s'asseoir dans les gradins mais aussi pour déambuler sur le parcours (5 euros, sauf pour les enfants et les personnes costumées) et l'accès se fera par 36 portiques de sécurité tenus par 200 agents de sécurité chargés de la fouille.
"Venez sans sac!", a lancé le préfet lors d'un point presse tenu symboliquement à l'hôtel de ville aux côtés de Christian Estrosi, premier adjoint, toujours aux commandes de Nice même s'il a cédé son fauteuil de maire.
 

-"moyens inédits"-

 
L'Etat et la mairie, mis en cause après l'attentat par des familles endeuillées dont certaines ont  porté plainte, s'étaient rejeté la faute. Le soir de l'attentat, plus de 30.000 personnes assistaient au feu d'artifice lorsque Mohamed Lahouaiej Bouhlel, un Franco-Tunisien de 31 ans, a foncé dans la foule avec un camion. 
Pour le carnaval, le préfet a assuré que de multiples scénarios avaient été envisagés: "C'est l'ensemble de la ville de Nice que nous protégerons pendant cette période-là", a-t-il dit en évoquant "une approche nouvelle faisant appel à des moyens inédits" mais gardant la confidentialité du dispositif.
"Nous avons pris l'initiative de restreindre le carnaval, pas dans sa dimension festive mais dans le périmètre à sécuriser", a renchéri M. Estrosi qui s'est adjoint le conseil d'une société israélienne sécurisant l'aéroport de Tel Aviv.
"Il n'était pas pensable que le carnaval, qui est une tradition si ancienne de notre cité et qui contribue à son rayonnement culturel, ne soit pas maintenu. Cela eût été un signe donné aux barbares, aux terroristes selon lequel ils auraient remporté une victoire de plus", a-t-il dit.
Malgré cela, la fréquentation s'annonce en baisse cette année (400.000 en 2016) faute d'avoir pu démarrer à temps la promotion de l'événement, complètement reformaté pour les exigences de sécurité.
Fête populaire, le carnaval de Nice est aussi la fête des hôteliers (215.000 nuitées selon l'Office du tourisme) et génère 1.800 emplois directs et 30 millions d'euros de retombées économiques pour 6 millions d'euros de budget, selon la municipalité.

avec AFP

Rédigé par RB le Jeudi 9 Février 2017 à 05:21 | Lu 256 fois