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Tahiti Tourisme fait sa grand-messe


Tahiti, le 11 février 2025 – 180 professionnels de l'industrie touristique étaient conviés ce mardi matin pour la conférence annuelle de Tahiti Tourisme. Malgré une baisse des réservations dans les hébergements terrestres, le directeur général de Tahiti Tourisme, Jean-Marc Mocellin reste “extrêmement optimiste”. Tout comme le président du Pays. Car malgré tout, la fréquentation et les recettes touristiques sont en hausse, boostées par le tourisme de croisière.

 
Tous les professionnels du secteur étaient présents ce mardi matin au Hilton de Papeete pour assister à la conférence annuelle de Tahiti Tourisme. La dernière chapeautée par l'actuel directeur général Jean-Marc Mocellin qui quittera ses fonctions en mai prochain après cinq ans de mandature. Le hasard du calendrier a voulu que ce rendez-vous annuel intervienne au lendemain de la publication des derniers chiffres de l'ISPF.
 
Malgré une fréquentation en hausse en 2024 avec 2 000 touristes de plus qu'en 2023, année pourtant record, les chiffres montrent une baisse du taux de remplissage (- 5,6 points en un an). Une augmentation du nombre de visiteurs à mettre au crédit d'un tourisme de croisière qui tire le secteur vers le haut. Les réservations diminuent dans les hôtels mais les touristes payent leurs chambres plus chères, ce qui parvient à compenser.
 
Les hôteliers vont devoir “adapter leur offre”
 
“Il y a effectivement un léger retrait de l'hébergement terrestre, probablement dû également aux élections américaines sachant qu'à chaque fois on est affectés de plus ou moins 10 ou 15% de fréquentation, et sans doute aussi aux tarifs qui ont continué de progresser relativement fortement depuis le Covid”, a concédé Jean-Marc Mocellin. C'est la loi de l'offre et de la demande, plaide-t-il, expliquant qu'“à la décharge des hôteliers, il est normal qu'ils rattrapent les années Covid où pendant presque trois ans les tarifs ont été extrêmement bas et leur fréquentation également”.
 
Pour le président du Pays, ce recul de l'hébergement terrestre, notamment dans le tourisme de luxe (-15%) s'explique surtout par “le retour d'une forme de saisonnalité qui entre en collision avec des tarifs très élevés qui ont été maintenus par nos hôteliers”. Il estime qu'ils vont devoir ainsi adapter leur offre pour ‘“permettre de corriger ça”.
 
Le retour de la défisc' pour les rénovations d'hôtels
 
Après avoir sucré la défiscalisation pour les rénovations d'hôtels l'année dernière, le gouvernement a finalement décidé de revoir sa position en relançant les AMI (Appels à manifestation d'intérêt). C'est ainsi qu'une enveloppe de défiscalisation de 7 milliards de francs est programmée sur 2025 pour des rénovations mais aussi pour des nouveaux projets. Une décision “bien accueillie” par les intéressés selon Moetai Brotherson qui admet que “certains hôteliers étaient effectivement en difficulté par rapport à des projets de mise à niveau de leur réceptif hôtelier, alors que c'est une nécessité dans ce secteur de rester à jour par rapport à la concurrence”.
 
Pour Jean-Marc Mocellin, “ça a au moins le mérite de clarifier les choses”, car “les investisseurs et les promoteurs savent précisément à quoi s'en tenir et où ils peuvent investir ou pas”. Reste maintenant au gouvernement à trouver “les moyens de motiver les investisseurs, s'il y en a”.
 

Objectif 600 000 touristes : changement de langage

Pour atteindre le fameux objectif de 600.000 touristes sur dix ans, fixé en début de mandature par le président du Pays ? “Pour augmenter, voire doubler les recettes touristiques, plutôt que de parler de fréquentation touristique”, répond prudemment le directeur de Tahiti Tourisme. Même son de cloche de la part du président du Pays qui réfute avoir revu ses prétentions à la baisse mais qui a modifié ses éléments de langage : “Ce n'est pas tant un objectif numérique du nombre de touristes, c'est la valeur équivalente par rapport au tourisme qu'on a aujourd'hui. Si on peut atteindre cette valeur avec 450.000 touristes, ça me va aussi”, nous a-t-il expliqué.
 
Enfin, Jean-Marc Mocellin, qui ne connaît pas encore celui qui lui succèdera en mai prochain, s'est dit “franchement très optimiste pour le futur du développement touristique en Polynésie, et ce depuis le lancement de la stratégie FM [Fari'ira'a Manihini, NDLR] 2027, qui a été votée en 2022 et sur laquelle on est engagés pour un tourisme durable et inclusif”

Rédigé par Stéphanie Delorme le Mardi 11 Février 2025 à 13:28 | Lu 1687 fois