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Soutenir une santé maternelle “accessible” mais “fragile”


précise Rachelle Flores, élue du Tavini Huiraatira et présidente de la commission santé et des solidarités à l'Assemblée. Crédit photo : Assemblée de Polynésie française.
précise Rachelle Flores, élue du Tavini Huiraatira et présidente de la commission santé et des solidarités à l'Assemblée. Crédit photo : Assemblée de Polynésie française.
Tahiti, le 31 mars 2025 – À l'occasion de la Journée mondiale de la santé, l’assemblée organise le 7 avril prochain une matinée de sensibilisation ouverte au public, consacrée à la santé maternelle et néonatale. Conférences, ateliers et débats sont prévus dans les locaux de Tarahoi.
 
À l’occasion de la Journée mondiale de la santé, célébrée chaque année le 7 avril, la commission de la santé et des solidarités de l’assemblée de la Polynésie française organise, en partenariat avec le ministère de la Santé et la Direction de la santé, une matinée de sensibilisation ouverte à tous. L’événement se tiendra lundi de 7h30 à midi, dans les locaux de Tarahoi à Papeete.
 
Les 1 000 premiers jours de vie
 
Le thème retenu pour cette édition : la santé maternelle et néonatale. “Plus généralement, on parlera des 1 000 premiers jours, de la naissance aux trois ans de l’enfant", précise Rachelle Flores, élue du Tavini Huiraatira et présidente de la commission organisatrice. Cette période cruciale, déterminante pour le développement de l’enfant et la santé de la mère, sera au cœur des échanges.
 
Au programme : conférences, débats et ateliers pratiques. Plusieurs institutions et structures seront représentées, parmi lesquelles l’Arass (Agence de régulation sanitaire et sociale), le ministère et la direction de la Santé, le Fare Tama Hau pour l’accompagnement parental, la CPS pour les prestations familiales, ainsi que le CIDF, en charge de l’aspect juridique. L'association Naître en Polynésie sera également présente.
 
Entre médecine moderne et savoirs traditionnels
 
La journée fera également la part belle aux pratiques traditionnelles, une volonté de la présidente de la commission, qui souhaitait apporter “une touche polynésienne”.Nous avons tenu à inclure des tradipraticiens et des masseurs traditionnels, pour rappeler aux mamans que les savoirs ancestraux offrent aussi des solutions accessibles et peu coûteuses”, souligne l’élue. Une manière d’ancrer la prévention dans la culture polynésienne, tout en tissant un lien entre médecine conventionnelle et pratiques ancestrales.
 
Des soins disponibles mais inégalement répartis
 
Mais au-delà de la sensibilisation, la journée se veut aussi un moment d’alerte sur l’état de la santé maternelle partout dans le monde. Au Fenua, elle est décrite par Rachelle Flores comme “accessible, mais fragile”. Un constat, étayé par les nombreuses évacuations sanitaires (évasans) imposées aux femmes enceintes des îles éloignées, contraintes de venir accoucher à Tahiti faute d'infrastructures sur place.
 
“Nous sommes régulièrement sollicitées par des futures mères qui souhaiteraient accoucher dans leur île, mais dans la plupart des cas, ce n’est tout simplement pas possible”, déplore l’élue. En cause : un manque de matériel, d’équipements, mais surtout de personnel qualifié. “Ce sont les spécialistes qui manquent le plus. Mais on ne peut pas laisser des femmes accoucher sans sécurité médicale”, insiste l’élue.
 
Autre enjeu mis en lumière : le déficit d’information en matière de prévention. “Il y a encore des méconnaissances, par exemple sur l’importance de l’hygiène dentaire pendant la grossesse. Peu savent que cela peut avoir un impact direct sur la santé de la mère et du bébé”, alerte Rachelle Flores.
 
La matinée du 7 avril s’annonce donc comme un rendez-vous citoyen pour mieux comprendre et mieux informer.
 

Rédigé par Thibault Segalard le Lundi 31 Mars 2025 à 15:31 | Lu 724 fois