Qantas annonce une reprise progressive des vols de ses Airbus A380


SYDNEY, mardi 23 novembre 2010 (Flash d'Océanie) – La flotte de six Airbus A380 de la compagnie australienne Qantas, clouée au sol depuis l’incident qui, le 4 novembre 2010, a forcé l’un d’entre eux à effectuer un atterrissage d’urgence en raison de l’explosion d’un de ses quatre réacteurs, devrait progressivement reprendre les airs à partir du samedi 27 novembre 2010, a annoncé mardi Alan Joyce, directeur général.

S’exprimant au cours d’une conférence de presse, M. Joyce a justifié cette décision par le fait que les vérifications sur tous les moteurs des A380 de Qantas étaient maintenant achevées.
Certains de ces examens techniques avaient eu lieu hors Australie, y compris Los Angeles.
Le premier appareil à reprendre les airs devrait être celui assurant la ligne Sydney-Londres via Singapour, sur laquelle l’incident avait eu lieu.
Ce 4 novembre 2010, sur cette ligne, l’un des réacteurs sur l’aile gauche de l’appareil avait explosé, dispersant des débris sur plusieurs kilomètres au sol.
L’appareil avait dû rebrousser chemin pour un atterrissage d’urgence à l’aéroport Changi de Singapour, qu’il venait de quitter cinq minutes auparavant, et l’atterrissage s’était finalement déroulé sans encombre.
Les examens, menés en collaboration avec Airbus et Rolls-Royce, ont spécifiquement porté sur les réacteurs Rolls-Royce Trent 900, qui équipent l’A380 Dans sa version actuellement exploitée sur six modèles acquis par Qantas.
« Dans un premier temps, Qantas exploitera un seul A380 sur les lignes entre l’Australie et le Royaume-Uni (…) Quand plus d’A380 reprendront le service, Qantas évaluera quand et comment les déployer au mieux », a précisé la société dans un communiqué.
Par ailleurs, les A380 seront pour l’heure écartés, à titre de précaution, des lignes sur lesquelles la puissance maximale des réacteurs est requise régulièrement, a précisé la compagnie au kangourou.
Cette mesure intervient « jusqu’à l’acquisition d’une expérience supplémentaire en matière d’exploitation » ou « jusqu’à ce que des modifications éventuelles soient apportées aux réacteurs », ajoute Qantas.
Quelques jours après l’incident en vol de l’A380 (avec 433 passagers et 26 membres d’équipage à bord), Alan Joyce n’hésitait pas à évoquer des fuites d’huiles « au-delà des seuils normaux de tolérance ».
L’incident, dont l’origine n’a toujours pas pu être déterminée, a entraîné la mise à nu d’une large partie du réacteur, qui a par ailleurs cessé de fonctionner, ainsi qu’une perforation dans l’aile gauche de l’avion.
Les débris avaient été retrouvés notamment sur des portions de routes tout près de la localité indonésienne de Batam.
L’Airbus avait été l’un des premiers livrés au monde pour la compagnie au kangourou, le 19 septembre 2009.
La flotte d’A380 de Qantas (qui fête ce mois-ci son quatre vingt dixième anniversaire) est motorisée par Rolls-Royce.
L’enquête ouverte depuis a impliqué les autorités compétentes australiennes, Qantas, Rolls-Royce, ainsi que le Bureau d'Enquêtes et d'Analyses (BEA) français.

La série noire continue

Le lendemain de l’incident de l’Airbus A380, un autre appareil de Qantas, un Boeing 747-400 avec 412 passagers à bord, a lui aussi dû rebrousser chemin peu après le décollage de Singapour.
Des explosions suivies de jets de flammes avaient aussi eu lieu au niveau d’un des réacteurs, six minutes après le décollage de l’aéroport de Changi.
Qantas, qui célèbre cette semaine le quatre vingt dixième anniversaire de sa création, a aussitôt souligné que les deux incidents ne comportaient aucun lien.

Série noire en 2008

Depuis 2008, Qantas a connu une série noire d’incidents sur ses vols moyen et long courrier, y compris une explosion à bord d’un Boeing 747 entre l’Australie et l’Asie.
Début décembre 2008, un avion de Qantas s’est posé sans encombre sur la piste de l’aéroport de Brisbane (côte Nord-est de l’Australie) après que le pilote ait signalé auparavant des problèmes liés au dispositif hydraulique de navigation.
Cet Airbus A-330, en provenance de Singapour, s’est toutefois posé sans incident, avec ses plus de deux cent passagers à bord, alors qu’un dispositif d’urgence avait été mis en place au sol, par précaution, mobilisant les services d’incendies et des ambulances.
La société Qantas a ensuite précisé qu’il s’agissait d’un « problème technique mineur ».
Par ailleurs, un autre Airbus A-330 de Qantas, qui venait de décoller de Perth (Sud-ouest de l’Australie) en direction de Singapour, a rebroussé chemin, toujours décembre 2008, avec 168 passagers à bord après que le commandant ait constaté l’allumage d’un voyant signalant un problème au niveau de l’huile de l’un des moteurs.
Le moteur en question, qui avait fait l’objet d’une révision quelques jours auparavant à Hong Kong, a ensuite dû être éteint.
L’atterrissage à Perth s’est donc fait sur un seul moteur et s’est déroulé sans incident.
Selon les services techniques de Qantas, après cette révision, les niveaux d’huile n’avaient pas été refaits.
Toujours à la même période, fin 2008, un autre vol Qantas, à destination de Christchurch (Nouvelle-Zélande), n’a pas pu décoller le 22 novembre dernier de Sydney après qu’un technicien au sol ait constaté des dégâts sur l’un des volets de l’aile droite de l’appareil, un Boeing 747-300.
Les 213 passagers ont ensuite été replacés sur d’autres vols, le lendemain.
La série noire, pour Qantas, avait commencé en juillet 2008, avec plusieurs avaries techniques à des degrés divers, dont la plus spectaculaire a été, le 25 juillet 2008, une explosion survenue à bord, en plein vol, d'une des bouteilles d'oxygène qui avait laissé un énorme trou à la base de l'aile gauche.
Depuis, les services de contrôle de la sécurité des transports et ceux de l'aviation civile ont ouvert plusieurs enquêtes, à la suite desquelles ils ont notamment fortement recommandé à la compagnie aérienne de renforcer ses dispositifs de maintenance.
Fin octobre 2008, un Boeing 747-400 de Qantas, reliant Los Angeles à Sydney, a dû être piloté sur une bonne partie du chemin « en aveugle » à la suite d'un dysfonctionnement de son système de radar, a révélé jeudi la presse australienne
Afin de pallier cet incident technique, le commandant (avec plus de 282 passagers à bord) est parvenu à se maintenir en contact permanent avec un autre avion (un vol Air New Zealand) croisant dans la région et qui lui a fourni les indications nécessaires à une navigation sans encombre.
« L'avion (d'Air New Zealand) n'était pas très loin et il a fourni à l'avion de Qantas des informations émanant de son propre système de radar, pendant tout le voyage. (Les deux avions) ont emprunté le meilleur corridor météo et le vol Qantas suivait », a ensuite précisé une porte-parole de la compagnie australienne, qui a exclu toute notion de danger pour les passagers.
L'appareil s'est finalement dérouté sur Auckland, pour y subir des réparations, avant de rependre l'air pour Sydney, où il a finalement atterri avec quatre heures de retard sur l'horaire prévu.
Toujours fin octobre 2008, un autre vol Qantas reliant Melbourne à Sydney a dû rebrousser chemin peu après le décollage.
Le pilote du Boeing 767, avec 244 passagers à bord, avait constaté l'allumage d'un voyant d'alerte concernant le train d'atterrissage.

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Rédigé par PaD le Lundi 22 Novembre 2010 à 16:14 | Lu 797 fois