
Tahiti, le 30 mars 2025 - C’était un week-end de fête à Moorea où plus de mille runneurs s’étaient donné rendez-vous pour participer à la 34e édition du marathon. Un record pour cet événement de plus en plus prisé. Cette année, des invités exceptionnels venaient se placer aux côtés de nos athlètes pour partager un moment unique. Stéphane Diagana, le parrain de l’édition, mais aussi Adrien Toucas, l’un des meilleurs marathoniens français, faisaient partie de l’aventure. Ce dernier boucle l’épreuve en 2 heures 27 minutes et 20 secondes, et remporte cette course remplie d’émotion.
Organisée sur deux jours grâce à l’énorme travail des membres du VSOP-XO et de Fenua Events, la 34e édition du marathon de Moorea fut encore un immense succès, ce week-end. Forte de sa renommée de plus en plus grandissante, l’organisation a réussi cette année un véritable tour de force. La venue du parrain Stéphane Diagana est une immense fierté autant pour la Polynésie que pour lui. L’ancien champion du monde et d’Europe du 400 mètres haies vit un véritable rêve. Son séjour, ponctué d’interventions dans les clubs, de conférence et de rencontres, se concluait ce week-end avec la course des 10 km. L’icône de l’athlétisme mondial participait ce samedi avec sa femme Odile, elle aussi ancienne athlète de haut niveau, à cette course pour “partager ce moment avec les Polynésiens et les remercier de l’accueil qu’ils m’ont offert.” Au milieu de coureurs confirmés et de jeunes espoirs, Stéphane Diagana termine cinquième en 41 minutes et 52 secondes et a pu admirer la relève en la personne du petit prodige du demi-fond, Felice Covillon, qui a franchi le premier la ligne d’arrivée en 37 minutes et 7 secondes.
Samedi avait aussi lieu le semi-marathon. Ce parcours de 21 km promettait énormément d’effort de la part des engagés sur cette course car la chaleur et l’humidité étaient bien présentes malgré un départ à 6 h 30 du matin. À ce jeu-là, c’est le triathlète Benjamin Zorgnotti qui a encore éclaboussé la course de tout son talent. Tout juste sorti d’une qualification aux championnats du monde Iron Man, Benjamin Zorgnotti n’a laissé aucune chance aux autres participants. Il boucle la course en 1 heure 17 minutes et 2 secondes à plus de sept minutes du second. Chez les filles c’est Louise Grosgogeat, la championne polynésienne en titre du semi-marathon, qui termine première en 1 heure 32 minutes et 11 secondes.
Culture et traditions
Une belle journée du samedi qui annonçait des lendemains enchantés. Car outre l’épreuve sportive, c’est la mise en avant de la culture et des traditions polynésiennes qui était au cœur du nouveau projet emmené par Fenua Events. “Notre objectif cette année, c’était de voir comment se passait l’événement en mettant en avant, en plus de la course, la culture polynésienne. C’est au travers les différentes associations qui ont tenu les stands de ravitaillement et qui ont animé le week-end, que cet objectif allait se mettre en place. Car nous sommes en train de faire les démarches pour intégrer le marathon de Moorea au calendrier mondial. C’est un travail difficile administrativement, mais nous allons y arriver”, expliquait Poerava Van Bastolaire de Fenua Events.
Une victoire chargée d’émotion pour Adrien Troucas
Une très belle initiative pour une course qui a tout pour plaire et qui attire déjà les plus grands puisqu’en plus d’un illustre parrain, des coureurs de renommée mondiale viennent y participer. Le local de l’étape déjà, l’incroyable Damien Troquenet qui, à plus de 40 ans, continue d’éblouir les courses locales et internationales. Il finit deuxième du marathon ce dimanche juste derrière Adrien Troucas. Le pensionnaire du club d’Aix en Provence est la nouvelle pépite du marathon tricolore. Premier Français au marathon de Paris 2024 en 2 heures et 17 minutes, il avait déjà réalisé l’exploit sur cette même course en 2023 en bouclant l’épreuve en 2 heures et 15 minutes.
Venu au Fenua accompagné de son entraîneur Jérémy Cabadet, qui s’occupe de nombreux athlètes de très haut niveau, Adrien Troucas avait à cœur de bien figurer à Moorea. Fils et petit-fils d’anciens résidents du Fenua, cette première en terre polynésienne était chargée d’émotion. “C’était un énorme plaisir de venir ici participer à ce marathon. J’ai été tellement bien accueilli par les gens que je ne réalise pas encore ce que je viens de vivre. Mes grands-parents et mon père avaient vécu ici et m’avaient raconté à quel point les Polynésiens étaient des personnes accueillantes et gentilles. Je peux maintenant confirmer à 100 %.”
Avec un tel succès, le marathon de Moorea sera sans doute très vite reconnu par ses pairs et connaîtra bien d’autres éditions de grande qualité. C’est tout ce qu’on lui souhaite.
Interviews
Jean-Michel Monot, président du club VSOP-XO
“On transmet le flambeau”
“C’est une 34e édition particulière pour nous car on a la chance d’avoir eu Stéphane Diagana comme parrain, qui est une personne adorable et pleine d’humilité. Aujourd’hui, on a eu la chance de voir beaucoup de grands champions qui ont fait preuve de courage et d’humilité. C’est une course remplie d’émotion cette année, car c’est ma dernière avec mes amis René et Jean-Pierre. On transmet le flambeau, on sait que la course est entre de bonnes mains.”
Stéphane Diagana, parrain de cette 34e édition
“Une aventure extraordinaire”
“C’est une aventure extraordinaire. Quand on voit cette magnifique organisation, on ne peut être que respectueux de tous ceux qui œuvrent pour la réussite de cet événement. La Polynésie regorge de talents, il faut les soutenir, car le sport, en plus de la performance sportive qui donne des objectifs et qui permet de travailler pour y parvenir, est aussi d’une importance capitale pour la santé. Il permet d’aider à avoir un corps sain et d’éviter beaucoup de problèmes de santé.”
Adrien Troucas, vainqueur du marathon de Moorea
“C’est une course qui me tenait à cœur”
“C’est la première fois que je viens en Polynésie, ce fut un plaisir immense. J’avais peur de souffrir de la chaleur et de l’humidité et en fait, j’ai pris beaucoup de plaisir et je me suis senti finalement vraiment bien, je n’ai pas trop souffert de la chaleur. J’ai bien géré mes ravitaillements. J’ai partagé un moment de course avec Damien (Troquenet) et après, je me sentais bien donc j’ai pris les devants. C’est une course qui me tenait à cœur. Ayant eu ma famille qui a vécu ici, je pense que quelque part, ça m’a aidé.”
Damien Troquenet, deuxième du marathon
“J’ai continué sur mon rythme”
“C’était super intéressant de se frotter à des coureurs comme Adrien Troucas, ça nous permet de progresser. On a partagé les huit, dix premiers kilomètres et après, il est parti et moi, je me connais, je ne voulais pas perdre ma deuxième place donc j’ai continué sur mon rythme. Je suis très content de ma course et même s’il a fait chaud sur la fin, on sait comment fonctionner sous ce climat, on est habitué.”
Aurélie Steelandt, première féminine du marathon et 10e au classement général
“J’ai fait plus de vingt minutes de moins que l’année dernière”
“Je suis super contente car j’ai été malade la semaine dernière. Finalement, je suis partie sur un bon rythme que j’ai su tenir. Je ne suis pas partie avec beaucoup de confiance mais finalement, je me suis sentie bien et j’ai fait plus de vingt minutes de moins que l’année dernière. Je suis vraiment fière car mon club est ici et c’est avec beaucoup de joie et de fierté que j’ai participé à cette course. J’ai toujours pensé que je ne pourrais pas faire de marathon et mon mari m’a inscrite l’année dernière sans me le dire et finalement, il a bien fait car j’y ai pris goût et en plus, je le gagne cette année.”
