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Le piquet de grève Apair Apurad dénoncé en référés


Tahiti le 31 mars 2025 – La direction de et les représentants de la CSTP-FO se sont retrouvés au tribunal. La direction d’Apair-Apurad a saisi le tribunal des référés pour contraindre les grévistes à cesser de bloquer les camions contenant le matériel médical. Le syndicat de son côté assure ne jamais avoir bloqué quoi que ce soit et accuse la direction d’“instrumentaliser” la justice. Une décision est attendue mardi matin.
 
Ce lundi après-midi, le tribunal des référés a instruit la requête de la direction de l’Apair-Apurad visant à contraindre le secrétaire général de la CSTP-FO, Patrick Galenon, et la déléguée syndicale Avearii Lachaux de mettre un terme aux blocages visant à “entraver le fonctionnement de l’association en empêchant la livraison des produits médicaux” à Paea. Me Laurent Chicheportiche a rappelé au tribunal que les patients ont besoin de ce matériel médical “pour leur santé et pour leur permettre de vivre”. Il reconnaît que la grève est un droit constitutionnel mais qu’“il ne saurait porter atteinte à la liberté de circulation ainsi qu’au droit d’accès aux soins”.

“Nos défendeurs ont abusé de leur droit de grève”

“On estime que nos défendeurs ont abusé de leur droit de grève”, a assuré l’avocat de l’Apair-Apurad : “plusieurs blocages” ont, selon lui, été constatés par un huissier, à l’instar de l’entrée du site de Paea “par un petit groupe de salariés grévistes”, dont les chapiteaux occupent, selon l’huissier, “l’ensemble de la chaussée rendant impossible le passage des véhicules de livraison”.
 
Ces blocages ont “des répercussions immédiates et graves sur l’approvisionnement” des différents établissements de santé a martelé l’avocat, en assurant que “tout retard dans la livraison peut entrainer des complications médicales sérieuses” pouvant aller jusqu’au décès pour certains malades dyalisés.
 
L’accès du site de Paea étant rendu difficile, les employés non-grévistes sont “contraints” de sortir les marchandises à bras d’homme “ce qui n’est pas tenable […] à long terme” compte tenu des quantités en question.

« Nos adversaires vous instrumentalisent »

Le secrétaire général de la CSTP-FO, Patrick Galenon, s’est défendu : “On n’a jamais empêché les malades de passer. On n’a jamais empêché les camions de sortir. C’est vrai que nous sommes installés là, mais quand un camion arrive on sort et le camion passe […]. J’ai l’impression que nos adversaires sont en train de vous instrumentaliser”, a-t-il lancé à l’adresse du tribunal. Et, selon lui, l’huissier de justice “n’a jamais constaté que nous empêchions les voitures de sortir”.
 
Patrick Galenon a rappelé que depuis le début de la grève une seule personne s’occupe de la manutention. Il ajoute également que la semaine dernière, la direction a fait appel à des prestataires “pour casser la grève, c’est connu”. Raison pour laquelle les grévistes ont déplacé leur piquet de grève à Paea.
 
Reste que, comme a tenu à le souligner Patrick Galenon devant le tribunal, la direction de l’Apair Apurad a, selon lui demandé à la société Cowan de “bloquer les containers” à Fare Ute, de crainte que les grévistes bloquent la livraison. “C’est moi qui ai appelé Mr Quito Braun Ortega pour lui dire qu’il peut livrer parce qu’on laissera passer les camions.”

Et, se tournant vers l’avocat de l’Apair Apurad : “À l’écouter, tout le monde serait mort aujourd’hui. Nous sommes très responsables. Et nous savons pertinemment qu’il faut laisser passer les malades et les containers.”

Une décision du tribunal est attendue mardi matin.

Rédigé par Vaite Urarii Pambrun le Lundi 31 Mars 2025 à 19:12 | Lu 1423 fois