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L’héritage du surf entre de bonnes mains


La team “Héritage” prête pour la grande aventure.
La team “Héritage” prête pour la grande aventure.
Tahiti, le 31 mars 2025 - Ce lundi, au Centre technique du surf polynésien de Papara, a été lancé le projet “Héritage”. C’est la première fois qu’un tel processus est mis en place entre la Fédération française et la Fédération tahitienne de Surf. Son but : accompagner la nouvelle génération de surfeurs français et polynésiens vers le haut niveau, en leur permettant de bénéficier des meilleurs moyens humains et logistiques pour y parvenir.
 
Transmission. Passion. Ces mots sont l’essence même du projet “Héritage”, mis en place par la FFS (Fédération française de surf) et la FTS (Fédération tahitienne de surf). Sous l’impulsion d’un groupe de personnes passionnées et investies, 15 jeunes prodiges du surf polynésien et français vont pouvoir bénéficier d'un encadrement complet qui leur permettra de progresser dans les meilleures conditions. “On est très fiers de voir ce projet aboutir. On a beaucoup travaillé pour cela entre les deux fédérations. On a œuvré ensemble pour le même but : préparer nos jeunes espoirs de la meilleure manière pour le haut niveau. On a mis en place un encadrement de qualité avec des coachs qui sont des légendes du surf, des cadres techniques et des préparateurs physiques. Eux, tout ce qu’ils ont à faire, c’est travailler dur, écouter et surfer”, explique Jeremy Flores, ancien grand surfeur professionnel, entraîneur, manager terrain de l’équipe de France et grand artisan de la réussite de ce projet. C’est une opportunité unique pour ces jeunes de vivre de leur passion. “C’est une chance pour les jeunes de pouvoir vivre de leur sport. Le surf est devenu très professionnel et il y a beaucoup de jeunes qui ont envie de se donner les moyens d’y arriver. Nous sommes là pour les aider et leur transmettre notre savoir et nos expériences.” L’héritage, toujours en toile de fond dans les discours des coachs, tous issus du monde professionnel du surf.
 
Pour Michel Bourez, icône du surf polynésien, le partage et les échanges que ce groupe va vivre sont primordiaux pour la progression de ses membres : “On sait que l’on a de très bons jeunes. Ce sont les meilleurs surfeurs français et polynésiens de leur génération. Nous, on est là pour partager notre expérience et tout leur donner afin qu'ils puissent, après, dans les compétitions, performer.”
 
Travailler ensemble pour mieux progresser
 
Même discours pour le coach local, Tereva David : “On essaye de leur montrer que de travailler ensemble ça va leur permettre de progresser encore plus. L’esprit d’équipe, la cohésion, même dans notre sport, est primordial. Pendant toute cette période on va travailler aussi sur leur autonomie pour que, lorsqu’ils se retrouvent en compétition, ils sachent gérer les aléas de notre sport.”
 
Pendant trois semaines, ces jeunes filles et garçons, âgés de 9 à 16 ans, vont surfer, échanger, partager, progresser, mais aussi étudier, car le double projet sport/scolaire est bien présent pendant ce séjour, et l’un ne va pas sans l’autre, sous la houlette du nouveau cadre technique de la Fédération tahitienne de surf, Kevin Bourez : “Cela fait une semaine que nous avons commencé le stage, mais le projet débute réellement aujourd’hui avec l’arrivée des surfeurs venus de Métropole. C’est incroyable d’y être, car cela a été beaucoup de travail et d’investissement. Mais quand on voit tout ce qui est mis en place pour que ça fonctionne, on est très contents. Nos jeunes sont heureux de vivre cette expérience, car ils savent que cela va les faire progresser et ils sont là pour ça. En septembre, c’est à notre tour d’aller en France et de voir comment ils fonctionnent, de découvrir leurs méthodes d’entraînement et surtout les conditions de surf dans lesquelles ils travaillent, qui sont complètement différentes des nôtres. C’est l’occasion pour nos jeunes de sortir de leur zone de confort. C’est bien, car c’est ce qui les attend dans un futur très proche.”
 
Effectivement, surfer dans un climat plus rude, nos petits prodiges ne sont pas forcément habitués. “Partir là-bas, ça va être quelque chose ! Avec le froid et des vagues plus fortes, ça va nous changer, mais c’est très bien pour notre apprentissage”, nous explique Tauirai Henriou Oopa. Du côté des surfeurs français, on est plutôt ravi d’être là. Pour Clémence Schorch, c’est un bonheur de rider sans combinaison et dans des eaux chaudes : “On est tous contents d’être là. On va rencontrer de nouvelles personnes, une nouvelle culture, on est très excités. Et les conditions de surf sont top, on a déjà testé ce matin, c’est du pur bonheur.”
 
Cette jeunesse triomphante, maintenant liée par le Nati, donné en offrande au dieu Ruahatu, dieu de la mer, après la cérémonie du natira’a, est prête à travailler dur. Car ils savent la chance qu’ils ont d’appartenir à ce programme, qui est le résultat de grands espoirs et de beaucoup de travail. “On a huit ans pour pérenniser ce projet. On a tout réuni pour que cela perdure dans le temps. Beaucoup de personnes se sont investies pour ce projet, que ce soient les fédérations, mais aussi les ministères du Pays et de l’État. Sans tout ce monde, je ne suis pas sûr qu’on aurait été là aujourd’hui”, a tenu à rappeler le président de la Fédération tahitienne de surf, Max Wasna.
 
Ce qui est sûr, c’est que cette nouvelle génération donnera tout pour être à la hauteur des investissements mis en place pour elle. Avec détermination et surtout plaisir, nos jeunes ’aitos sont prêts à plonger dans le grand bain.

Liste des jeunes surfers inscrits au programme Héritage
  • Takihei Ellacott
 
  • Kelia Gallina
 
  • Miliani Simon
 
  • Kiara Goold
 
  • Liam shamKoua
 
  • Anuaiterai Gatien
 
  • Terevanui Thorton
 
  • Kavei Pierson
 
  • Tauirai Henriou
 
  • Tya Zebrowski
 
  • Naia Monte
 
  • Cheyenne Patino Uneda
 
  • Clémence Schorsch
 
  • Charlie Legay
 
  • Ethan Fernandez 

La cérémonie du nati à créé un lien fort entre tous les membres du projet
La cérémonie du nati à créé un lien fort entre tous les membres du projet

Les jeunes surfeurs se sont vite mis à l’eau pour profiter des belles conditions sur le spot de Papara.
Les jeunes surfeurs se sont vite mis à l’eau pour profiter des belles conditions sur le spot de Papara.

Rédigé par Manu Rodor le Lundi 31 Mars 2025 à 16:35 | Lu 906 fois