Fukushima: Tokyo critique l'étude de l'OMS sur la hausse du risque de cancer


TOKYO, 01 mars 2013 (AFP) - Le gouvernement japonais a contesté vendredi les conclusions d'une étude de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) qui a pointé une hausse des risques de cancer à proximité de la centrale accidentée de Fukushima.

Selon ce rapport, le premier publié par l'OMS à la suite de la catastrophe nucléaire de mars 2011, le risque de cancer de la thyroïde augmente de 70% chez les sujets de sexe féminin exposés au stade de nourrisson dans la région la plus contaminée.

"Ces calculs ont été basés sur l'hypothèse que les gens ont continué de vivre dans cette zone et de manger de la nourriture interdite. Mais ce n'est pas le cas", a expliqué à l'AFP un responsable du ministère de l'Environnement.

Il a souligné que les experts étaient toujours "divisés sur la manière de calculer l'impact d'une exposition à long terme à de faibles doses radioactives".

"Il est erroné de croire que les résidents (proches de la centrale) vont développer des cancers dans ces proportions", a-t-il ajouté.

Hormis les cancers de la thyroïde, l'OMS évoque, pour les bébés-filles nées dans la région la plus touchée à proximité de la centrale une augmentation du risque du cancer du sein de 6% et celui de leucémie de 7% chez les hommes exposés au stade de nourrisson.

En revanche, ce rapport de 166 pages indique que "les risques sont faibles pour la population en général au Japon et à l'extérieur du Japon" et qu'"aucune augmentation observable dans les taux de cancer n'est anticipée".

Quelque 110.000 riverains de la centrale de Fukushima (nord-est du Japon) ont été évacués dans les jours et semaines suivant l'accident, le pire du secteur nucléaire depuis celui de Tchernobyl (Ukraine) en 1986. Il s'agissait des résidents installés à moins de 20 km du site et de quelques villages situés au-delà.

Environ 50.000 habitants supplémentaires de la préfecture de Fukushima ont décidé de déménager par précaution.

L'organisation de défense de l'environnement Greenpeace a dénoncé jeudi le rapport de l'OMS, estimant qu'il sous-estimait "honteusement l'impact des premières radiations de la catastrophe de Fukushima sur les personnes présentes à l'intérieur de la zone d'évacuation d'un rayon de 20 kilomètres, et qui n'ont pas été capables de partir rapidement".

Nombre des réfugiés n'ont pas réintégré leur logement d'origine, a fortiori dans la zone des 20 km qui pourrait être partiellement inhabitable pendant des décennies.

Les autorités ont par ailleurs interdit à la vente un certain nombre de produits agricoles issus de la région de la centrale et qui présentaient un taux anormalement élevé de césium radioactif.

Rédigé par AFP le Vendredi 1 Mars 2013 à 06:16 | Lu 686 fois